Tazmamart المزوقي 


Marzouki était prisonnier dans Tazmamart, un ancien centre de détention secret célèbre au Maroc durant le règne de Hassan II.

Arrêté en 1973, il a finalement été libéré en 1991, mais il a fait face au harcèlement de l’État marocain pendant des années après.

Il est l’auteur d’un livre sur ses expériences : Tazmamart cellule 10 (Paris-Méditerrané.

Ahmed Marzouki occupait, à Tazmamart, la cellule 10. Il vient de publier un livre-document (1) dans lequel il raconte ses dix-huit ans d’enfermement, puis son combat pour faire valoir ses droits d’homme libre. Pour illustrer la couverture, il a choisi un dessin au crayon réalisé pendant sa détention par Rachdi Benaïssa, l’un des 30 bagnards – sur 58 – morts avant que ne s’ouvrent les portes de la prison secrète.

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  • Tazmamart  récit, sans effets de style, retrace ce que fut au quotidien la vie des prisonniers de Tazmamart. La volonté de témoigner pour l’Histoire se traduit par un souci constant du détail. La composition des maigres repas est ainsi décrite au gramme près, et jusqu’au nombre de pois chiches contenus dans chaque ration. De même, le programme de la journée – mis au point collectivement par les détenus pour mieux tenir le coup – est déroulé presque heure par heure, des premières psalmodies du Coran au récit fait par l’un des bagnards d’un film ou d’un roman, «moment le plus attendu». Les maladies, le manque d’hygiène – pas une seule douche en dix-huit ans – les relations, parfois difficiles, entre les détenus, les petits arrangements avec les gardiens: tout est dit, afin que nul n’ignore ce que furent ces années-là. Marzouki livre aussi une série de portraits: ceux des gardiens, bons ou mauvais. Et, surtout, ceux des détenus qui ne sont jamais revenus: «30 décès, presque toujours dignes», qui «ont été parmi les événements les plus douloureux» de ces années de détention. Aujourd’hui, les survivants de Tazmamart bénéficient d’une indemnité mensuelle qui leur permet de vivre.


Mais cette mesure est toute récente, et les premières années qui ont suivi leur libération – en septembre 1991 – ont été difficiles. Surtout pour ceux qui, comme Marzouki, entendaient ne pas s’interdire de témoigner… 

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