​PÉTRO-DOLLAR ce n’est pas tout seulement l’argent gagné par la vente du pétrole !! 🤗🤗


Il y a plusieurs définitions de ce qu’est un pétro-dollar. Nous allons en explorer deux. D’abord, exprimé le plus simplement possible, les pétro-dollars, c’est l’argent gagné avec la vente de pétrole. Cette expression remonte à la crise pétrolière des années 70. Le terme est revenu à la mode à la suite d’une nouvelle explosion des prix pétroliers au cours de la première décennie des années 2000.

Au départ, on parlait de pétro-dollars lorsqu’on évoquait les revenus des pays du Moyen-Orient et de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Mais, aujourd’hui, l’expression s’est étendue à d’autres pays, dont le Canada.

On emploie également le terme « pétro-dollar » pour qualifier une devise dont les fluctuations sont liées en partie à l’évolution des cours du pétrole. C’est le cas du dollar canadien, bien sûr ! Ce n’est pas nécessairement un avantage d’avoir une économie dont la valeur de la monnaie est fortement basée sur les fluctuations des ressources naturelles. Il devient alors difficile de faire des prévisions économiques et fiscales avec confiance.

On a vu combien la chute dramatique du prix du pétrole en 2014 a aussi entraîné le dollar canadien à la baisse. Sa valeur est passée de 90 à 70 cents américains . Cette glissade a eu un impact majeur sur les finances publiques de l’Alberta, de la Saskatchewan et de Terre-Neuve-et-Labrador, provinces dépendantes des revenus provenant du pétrole.

Dans le cas de Terre-Neuve-et-Labrador, selon les prévisions faites en décembre 2015, le déficit du gouvernement atteindra 6,5 % du PIB en 2015-2016, puis 8 % du PIB l’exercice suivant, des sommets en 35 ans dans tout le Canada. L’économie albertaine est tombée en récession. Le Conference Board du Canada a estimé que la chute du prix du pétrole allait faire perdre 4,3 milliards de dollars en 2015 au trésor fédéral sous forme de redevances et d’impôt.

La baisse des cours du pétrole pourrait aussi avoir un effet sur la péréquation, qui a pour objectif d’équilibrer le pouvoir de livrer les mêmes services publics dans toutes les provinces. Une Alberta moins riche réduira l’écart à combler pour niveler la capacité financière de toutes les régions du pays. Les provinces bénéficiaires pourraient recevoir des montants moins élevés de péréquation si la tendance des prix du pétrole se maintenait.

L’existence d’un pétro-dollar n’est pas une bonne nouvelle pour l’environnement non plus. Une chute aussi radicale des prix du pétrole n’incite pas les consommateurs et les entreprises à faire des choix énergétiques qui s’éloignent de la consommation des énergies fossiles, principale source de gaz à effet de serre.

Il y a toutefois des gagnants dans la chute des prix du pétrole. Avec un dollar qui pique du nez, les entreprises exportatrices gagnent au change, car les prix de leurs produits exportés aux États-Unispayés en dollars canadiens, sont maintenant moins élevés. Les entreprises manufacturières du Québec.

et de l’Ontario, qui exportent les deux tiers de leur production en sol américain, seront les grandes Bénéficiaires de la chute de notre pétro-dollar. Cela dit, plusieurs économistes soulignent que les Canadiens ont de la concurrence sur le marché des exportations vers les États-Unis, notamment celle de la Chine. Ainsi, la baisse du dollar canadien pourrait ne plus avoir le même effet que par le passé.

Les consommateurs et les entreprises voient aussi leur facture de combustible baisser, au chapitre du transport en particulier. Le gouvernement du Québec a d’ailleurs estimé que la réduction de 40 % du prix à la pompe de juin à décembre 2014 a permis une injection de 800 millions de dollars de liquidités dans l’économie québécoise.

Cette chute du dollar canadien, attribuable en bonne partie à un écrasement du prix du pétrole, n’est pas une première. En fait, depuis le milieu des années 80, il y a eu 5 autres épisodes de déclin du pétrole comme celui que nous avons vécu à partir de l’été 2014.

L’épisode récent ressemble à celui de 1985-1986. La chute est comparable : baisse de 55 à 60 % des prix. Les causes sont les mêmes :

  •  augmentation radicale de l’offre de pétrole due à de nouveaux sites dans le golfe du Mexique et en mer du Nord en 1985-1986;
  •  production issue du schiste aux États-Unis en 2014-2015.

La baisse des prix du pétrole a un impact négatif sur l’activité économique au Canada. En 1985, l’économie n’a crû que de 1,4 %. La Banque du Canada évaluait la croissance à seulement 1,2 % pour l’année 2015 dans son Rapport sur la politique monétaire de janvier 2016.

  • Que peut-on faire pour soutenir l’économie canadienne ? 

À court terme, peu de chose, alors que les taux d’intérêt sont bas. Il est difficile de penser qu’une baisse additionnelle de taux va survolter l’économie canadienne. 

Du côté de la politique fiscale du gouvernement, la marge de manœuvre est limitée si l’on souhaite éviter des déficits budgétaires trop importants.

Sans pouvoir vraiment utiliser tout le potentiel de ces deux outils, le Canada est condamné à demeurer vulnérable aux fluctuations de son pétro-dollar, surtout avec des perspectives de ralentissement prolongé de l’économie mondiale.


Source I 

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