LA DÉFLATION 


« Tout augmente !» entend-on souvent. Pourtant, dans la réalité, ce n’est pas toujours le cas ! Quelquefois, mais rarement, les prix diminuent. Celui de l’essence est un bon exemple.

De 2014 à 2015, les prix ont baissé. Oui, il y a eu des variations et, oui, le prix n’a peut-être pas baissé comme vous le souhaitiez. Mais, dans l’ensemble, l’essence coûtait moins cher en 2015 qu’en 2014. Cela dit, quand les prix diminuent, est-ce une bonne nouvelle ? Quand on regarde l’ensemble des implications économiques, on doit répondre : non !

D’abord, il ne faut pas confondre « désinflation » et « déflation ». 

« Par désinflation, explique la Banque du Canada, on entend le ralentissement du taux d’augmentation du niveau général des prix. »

Si le taux d’inflation passe de 5 à 2 %, on constate une désinflation, mais les prix augmentent tout de même de 2 % par rapport à la même période il y a 12 mois.

« La déflation, par contre, ajoute la Banque centrale, se définit comme une chute persistante du niveau de l’indice des prix global, qui se traduit par un taux d’inflation négatif année après année. 

Le seul épisode important de déflation soutenue qu’ait connu le Canada s’est produit durant la Grande Dépression des années 1930, quand le niveau global des prix avait fléchi de plus de 20 pour cent durant une période de quatre ans. »

Il est très facile d’associer les mots « déflation » et « récession », car la pression sur les prix est forte lorsque les dépenses des ménages et des entreprises diminuent, entraînant un ralentissement, voire une contraction de l’économie. Moins d’activité économique, plus de chômage, moins de revenus, nouvelle baisse des dépenses de consommation, et voilà la spirale déflationniste qui se met en branle.

En 2015, le taux d’inflation s’est établi dans la partie inférieure de la fourchette cible de 1 à 3 % par la Banque du Canada. Comme on l’a dit plus haut, peu d’inflation signifie une économie qui tourne au ralenti, et c’est la raison principale pour laquelle la Banque du Canada a abaissé son taux directeur à l’été 2015, le faisant passer de 0,75 à 0,5 %. En baissant son taux, la Banque veut généralement stimuler les achats de voitures et de maisons, ainsi que les investissements, afin de contribuer à relancer une économie en panne.

DES TAUX NÉGATIFS ?

La Banque du Canada a évoqué, à l’automne 2015, la possibilité d’afficher un taux directeur négatif .

 Qu’est-ce que ça veut dire ? Le taux directeur de la Banque du Canada est celui qui guide les prêts entre les banques et qui rémunère les dépôts faits à la banque centrale par les banques privées. Pour stimuler les banques à prêter plus d’argent et donc à stimuler l’économie, la banque centrale pourrait baisser son taux directeur jusqu’à -0,5 %. Elle se trouverait ainsi à pousser les banques privées à payer la banque centrale pour déposer de l’argent auprès d’elle et non plus à recevoir un intérêt. Les banques centrales de la Suisse, de la Suède et du Danemark ont déjà adopté des taux négatifs dans le passé. La Banque du Japon a aussi adopté une telle politique au début de 2016.

Mais tout cela comporte aussi des risques. 

  1. Premièrement, des taux d’intérêt historiquement bas veulent dire une incitation pour les gens à profiter des emprunts qui ne coûtent pas cher, donc à s’endetter. Or, les taux d’endettement au Canada sont déjà à des niveaux dangereux : en moyenne, on doit 165 $ pour chaque 100 $ de revenu disponible. 
  2. Deuxièmement, cela signifie alimenter une possible bulle immobilière au Canada.

Ce sont les deux risques les plus criants qui prévalent au Canada. On n’a jamais vu des taux d’intérêt aussi bas au pays. Peu de gens réalisent que, en ce moment, les taux d’intérêt réels sont à zéro et peut- être même négatifs, ce qui veut dire que, lorsqu’on tient compte de l’inflation, il ne coûte quasiment rien pour emprunter, dans les faits.

Dans les pays où l’on observe une déflation persistante, les consommateurs retardent leurs achats parce qu’ils s’attendent à ce que les prix diminuent encore plus. Les entreprises font donc moins de ventes et peuvent être forcées de modérer les augmentations de salaires de leurs employés ou encore d’en congédier une partie. Tout cela entraîne une baisse des revenus qui circulent dans l’économie, les entreprises investissent moins, ce qui pourrait les handicaper à plus ou moins brève échéance pour faire face à la concurrence étrangère. Ces pièces de domino qui tombent les unes sur les autres font en sorte que le gouvernement perçoit moins d’impôts, ce qui détériore l’état des finances publiques.

Le cercle vicieux de la déflation comporte des éléments relativement négatifs. Pour une banque centrale, une déflation est aussi grave qu’une inflation élevée.

  • Que faire alors ? 

On peut imiter le président Roosevelt, qui a mis en place le New Deal en 1933, ce qui a sorti les États-Unis d’une profonde déflation causée par la crise de 1929 à l’aide de politiques fiscale et monétaire très interventionnistes. Entre autres politiques, les décisions de Roosevelt, d’une part d’abandonner l’étalon-or et de dévaluer le dollar américain à 35 $ l’once et, d’autre part, de tripler le niveau des dépenses publiques, permirent à l’économie américaine de redémarrer. Mais cette façon de procéder comporte un danger : cela creuse le déficit budgétaire de l’État.

  • On peut aussi se tourner vers l’exemple japonais : 

contraint d’innover et afin d’éviter cet écueil, le Japon s’est tourné vers l’assouplissement quantitatif  depuis 1999 pour sortir de sa crise déflationniste. Depuis, les États-Unis lui ont emboîté le pas, de même que la Banque centrale européenne, afin d’endiguer les pressions déflationnistes.

  • La déflation est-elle une bonne chose si tout coûte moins cher ? 

On peut dire que non. Il faut garder en tête que :

si les prix baissent, les salaires baissent aussi ! Car, le salaire, c’est le prix du travail. Et en période de déflation, tous les prix diminuent… On ne s’en sort pas !

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