La ville industrielle de Tanger


Notre pays, le Maroc,  a signé une convention avec le groupe chinois Haite pour l’édification d’une « ville industrielle » près de Tanger (nord), qui accueillera plus que  200 compagnies chinoises et devrait créer 100.000 postes d’emploi.
Au cours de la cérémonie présidée par le roi du Maroc, lundi au palais de Tanger, les autorités marocaines ont signé une convention avec le groupe cité ci-avant , basé à Chengdu qui est considéré comme le centre de la Chine, et présenté les grandes lignes de cette future « Cité Mohammed VI Tanger Tech ».

Le groupe Haite est un grand groupe privé chinois. C’est un groupe sérieux, puissant, crédible, très connecté, capable de ramener et de fédérer les plus grandes entreprises chinoises.

A l’origine, Haite s’est créé dans l’aéronautique. Aujourd’hui, il est en phase de diversification. Ce dernier s’engage donc à construire, avec ses partenaires marocains, un parc et une ville industriels. Ainsi, ramener dans ce parc quelques centaines d’entreprises chinoises qui vont s’y implanter. Le choix du Maroc se justifie, essentiellement, par la position géostratégique de notre pays qui est un carrefour interrégional. Ainsi, par les connexions qu’il a sur les principaux marchés étrangers (ses accords de libre-échange).
Erigé sur 2.000 hectares et porté par la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Haite et le groupe marocain BMCE Bank, ce vaste projet fait suite à un mémorandum d’entente signé en mai 2016 au cours d’une visite officielle de Mohammed VI à Pékin.
Mobilisant une enveloppe d’un milliard de dollars (930 millions d’euros), il consiste en « la construction d’un pôle économique capable de générer 100.000 emplois, dont un minimum de 90.000 emplois bénéficiera aux habitants de la région de Tanger », selon la présentation officielle. 
« Les opérateurs économiques chinois sont à la recherche de plateformes compétitives. Et ils ont choisi le Maroc comme l’une de ces plateformes« , s’est réjoui dans une déclaration de  le ministre de l’Industrie Moulay Hafid El Alamy. 
« Le premier coup de pioche sera donné durant le deuxième semestre de 2017 » et l’édification de cette cité chinoise devrait durer 10 ans, a-t-il ajouté. 
Selon la présentation officielle, la « Cité Mohammed VI Tanger Tech » accueillera 200 compagnies chinoises opérant dans la construction automobile, l?industrie aéronautique ou encore le textile.
« L’investissement total des entreprises dans la zone après dix ans atteindra 10 milliards de dollars » (9,3 milliards d’euros), a annoncé Li Biao, président du groupe chinois.

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Le Maroc mène ces dernières années une politique d’industrialisation dynamique, notamment à Tanger, ville d’un million d’habitants qui abrite aujourd’hui plusieurs parcs industriels. D’un côté, la politique économique et d’investissements chinois à l’étranger connaît actuellement d’importants changements. Pékin vise à délocaliser un certain nombre d’industries coûteuses en main-d’œuvre tout en contrôlant strictement les acquisitions et les investissements à l’étranger d’un autre.

En effet, la stabilité politique et sociale du Maroc, avec une économie ouverte sur le monde et déjà bien intégrée dans les chaînes de valeur internationales, consolidée par l’installation de leaders industriels mondiaux, dans des secteurs exigeant qualité et compétitivité, font du Maroc l’environnement d’investissement idéal pour les investisseurs chinois.

Le choix de Tanger pour accueillir ce projet ne doit rien au hasard, faisant observer que ce choix est dû à la position géographique centrale de Tanger, à la croisée des continents, à seulement 15 kilomètres de l’Europe et avec une infrastructure notoire, à savoir le port Tanger Med et les installations associées.

La signature du protocole d’accord relatif à la création de cette nouvelle ville économiquement intégrée à Tanger. Il a été signé par MM. Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, et par délégation du ministère de l’économie et des Finances, Mohamed Yacoubi, wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Ilyas Omari, Othmane Benjelloun, et M. Li Biao.

Parmi les premiers projets industriels attendus, figurent ceux des autobus électriques et des composants aéronautiques. D’autres projets de panneaux solaires photovoltaïques, de chauffe-eau solaires et de composants ferroviaires sont à l’étude.

Le Maroc a imposé ses conditions pour que le projet réussir et pour réduire l’incertitude

Et de ce, plusieurs garde-fous ont été imposés par le Maroc pour réduire le risque d’échec. D’habitude, les investisseurs chinois ont tendance à recruter des Chinois, là où s’installent. Le projet tangérois fera l’exception: 90% des effectifs seront des locaux, comprendre des travailleurs issus de la région. Le projet promet la création d’environ 100.000 emplois pour une population environnante de 300.000 habitants.

De son tour le groupe chinois pour crédibiliser davantage son projet, Haite a envoyé de nombreux signaux: 40 entreprises provinciales chinoises sont venues en novembre dernier. En s’implantant au Maroc, elles s’internationalisent pour la première fois. Et un président local de Haite Maroc est déjà désigné. Il s’est installé depuis quelques mois à Tanger.

Les secteurs concernés sont : 

  • Aéronautique, domaine de prédilection de Haite. IL est prévu de créer un centre de formation pour les métiers de l’aéronautique.
  • Automobile
  • E-commerce
  • Télécommunication à travers la création d’un site de production pour les hardwares.
  • Energies renouvelables, et plus particulièrement la production d’équipements et la prestation de service  dans l’énergie hydroélectrique, thermique, éolienne, solaire, organique ainsi que des unités de sys
    tèmes électriques.
  • Transport. Le projet met l’accent sur le développement des infrastructures ferroviaires et routières.
  • Electroménager et quincaillerie. Les produits fabriqués seront destinés à  l’exportation.
  • Pharmaceutique.
  • Matériaux de construction : Acier, ciment, verre…
  • Agroalimentaire : La production visera le marché extérieur.

Les premiers 500 hectares seront dédiés principalement à l’industrie. Ils seront supplémentés par une zone de service intégré et un espace de résidence intelligente.

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